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Le projet en une phrase

Contribuer sur Plaine Commune (93), au développement d’une économie locale, circulaire et inclusive, à travers le développement d’un système d’information territorial « en bien commun », en collaboration avec la diversité foisonnante des acteurs du territoire.

Contexte

A l’origine, il y a une prise de conscience : Le numérique peut et doit jouer un rôle majeur dans la nécessaire transformation de nos modes de vie, d’organisation, de production, d’échange et de consommation.

Cette conviction a conduit l’Assemblée Virtuelle à lancer plusieurs projets de recherche-action collaborative, sur la base de technologies innovantes, en lien avec de nombreuses communautés, parmi lesquelles les acteurs du collectif Transiscope. 

Transiscope est un projet de cartographie collaborative des alternatives se développant sur les territoires. Il rassemble aujourd’hui 12 organisations ayant décidé de mutualiser leurs données et leurs ressources pour créer une cartographie exhaustive des initiatives de transition sur les territoires.

Transiscope est un projet extrêmement intéressant de notre point de vue, dans la mesure où il témoigne de la pertinence des démarches collaboratives et de l’adage selon lequel les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Issu de la mise en commun de plus d’une dizaine de bases de données, Transiscope agrège aujourd’hui près de 15 000 initiatives, ce qui en fait la cartographie des initiatives de transition la plus fournie à l’échelle nationale. Elle permet chaque jour à des milliers de personnes de découvrir qu’un autre monde existe et se développe juste en bas de chez eux.

Plusieurs dizaines de sources sont en cours d’intégration, ainsi que de nouveaux types de données, parmi lesquelles les événements, ce qui devrait nous permettre de créer d’ici la fin de l’année, un agenda mutualisé des événements liés à la transition.

Transiscope nous a permis d’éprouver les technologies et les approches que nous développons afin de favoriser la mise en réseau des acteurs de la transition :

– Nous avons conçu ce projet comme un Commun, une ressource produite, gérée, partagée et maintenue de manière durable, par les 12 acteurs du collectif.

– Il repose sur la mise en œuvre du « bus sémantique », un logiciel libre que nous avons développé, lequel nous permet d’agréger des bases de données qui sans lui, ne pourraient pas communiquer.

Transiscope constitue la preuve de concept du projet Plaine.co, présenté ci-dessous :

Le développement d’un réseau social local « en bien commun », en collaboration avec la diversité foisonnante des acteurs du territoire, dans l’esprit de ce que nous avons fait avec le collectif Transiscope, mais sur la base, cette fois-ci, d’une approche territoriale, plutôt que thématique (la transition).

Pourquoi ce projet

Il y a d’abord la conscience aiguë du potentiel extraordinaire de ce territoire.
Plaine Commune est un territoire en reconversion industrielle, fragilisé par une forte proportion de populations vulnérables (familles pauvres, travailleurs précaires, primo-arrivants etc.).

Ces populations sont
  • peu intégrées à la nouvelle économie post-industrielle, qui trouve ailleurs sa main d’œuvre qualifiée ;
  • sous-mobilisées par une économie de proximité qui cherche encore ses voies de développement ;
  • et sous-accompagnées par des services sociaux territoriaux en tension permanente entre l’explosion des besoins et les limites du financement public de l’offre.
En même temps, Plaine commune est riche
  • de sa jeunesse (près d’un séquano-dionysien sur trois a moins de 20 ans),
  • de plus d’une centaine de nationalités différentes,
  • d’une forte infrastructure universitaire,
  • d’une économie sociale et solidaire fortement présente grâce aux SCOP historiquement implantées et à un maillage associatif dense,
  • de son patrimoine historique et industriel, de sa proximité avec Paris, avec la Seine,
  • ainsi que de la multitude des projets s’y développant parmi lesquels, les JO, le Grand Paris, (…).

Il est à certains égards paradoxal de constater que ce territoire est à la fois le plus riche et le plus pauvre de France.

Favoriser l’expression du potentiel  du territoire

Nous entendons par potentiel « ce qui existe en puissance », autrement dit, ce qui pourrait être, à la faveur de conditions favorables.

Comment, en tant qu’acteurs de la société civile, pouvons-nous favoriser l’expression du potentiel de ce territoire ?

Un élément de réponse se situe à notre sens dans le développement de réseaux sociaux locaux – physiques et numériques – permettant à chacun.e de se nourrir des autres, et de les nourrir en retour.

Dans le contexte socio-économique occidental classique, les possibilités d’échange sont en grande partie déterminées par les capacités financières des individus.
Dans le contexte de Plaine Commune, la difficulté d’accès à la ressource EURO se traduit par la présence de nombreux réseaux de solidarités communautaires.

Ceux-ci peuvent être appréhendés :
– Comme un héritage socio-culturel du Tout-monde ;
– Comme une ressource abondante, susceptible d’être mobilisée en vue de répondre aux nombreux défis du territoire et de ses habitant.e.s.

Cette approche suppose néanmoins de faire évoluer une perspective solidement établie au sujet des communautarismes : Ne pas associer les communautarismes à leurs déviances, mais considérer plutôt leur potentiel et leurs raisons d’être.

Les réseaux de solidarités communautaires sont à l’heure actuelle limités par la nécessité de tisser des liens de confiance, de tisser des liens forts, ce qui ne peut se faire que dans le cadre de communautés restreintes, familiales, professionnelles ou affinitaires.

Or c’est à l’échelle de communautés de plusieurs milliers de personnes que les possibilités d’échanges trouvent leur plein potentiel.

C’est ici qu’intervient le numérique :

En permettant le développement de communautés de liens faibles, de réseaux d’échanges d’idées, de biens et de services, les réseaux sociaux numériques sont susceptibles de favoriser le développement de réseaux sociaux physiques s’étendant au-delà des sphères communautaires.

Il est à certains égards paradoxal de penser que le communautarisme élargi est peut-être la meilleure arme pour lutter contre les déviances des communautarismes.

Ceci constitue notre hypothèse et nous aimerions l’éprouver.

Nous souhaiterions également
  • Expériementer le développement de communautés de liens faibles, de réseaux locaux d’échanges d’idées, de biens et de services non exclusivement marchands, en vue de panser les phénomènes de misère et de solitude propres aux sociétés occidentales.
  • Partir du terreau fertile de la Seine-Saint-Denis pour imaginer des futurs souhaitables, issus de la créolisation du monde.

Concrètement

Le volet numérique

http://plaine.co/ prendra la forme d’une plateforme numérique  doublée d’une application mobile.

Nous la déploierons sur Plaine Commune où vivent plus de 429 000 habitants, dans les villes de : Aubervilliers, Épinay-sur-Seine, L’Île-Saint-Denis, La Courneuve, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine, Stains et Villetaneuse.

Elle sera basée sur SemApps, un logiciel libre basé sur les standards du web sémantique, permettant de déployer des systèmes d’information géographique et sémantique, intra- et inter- communautaires.

Fruit de plusieurs années de recherche & développement au sein de l’Association Assemblée Virtuelle, il fait à l’heure actuelle l’objet d’une importante refonte en cours de finalisation.

La plateforme permettra aux personnes et aux organisations 

  • De se décrire et d’exister sur le réseau ;
  • De renseigner qui elles sont, ce qu’elle font, leurs centres d’intérêts, leurs compétences, ainsi que ce qu’elles ont à offrir ou partager.
  • D’organiser des événements, de publier des articles, des photos, des vidéos et toutes sortes de documents.
  • De géolocaliser ce qui doit l’être : des lieux, des œuvres, des concerts, des problèmes, des propositions (problèmes et propositions pouvant concerner les politiques et l’espace publics)

Les données seront publiques, communautaires ou privées selon les préférences des utilisateurs.

La plateforme permettra également d’échanger :

  • Via la mise à disposition d’outils de discussion temps réel (chats) ou asynchrones (messagerie, forums thématiques)
  • Via la mise en place de plusieurs systèmes d’échanges non exclusifs :
    • Achat – vente : Échange marchand classique, incluant le type d’échange « location »
    • Échange réciproque (quasi) non-marchand : Troc ou … monnaie locale à l’effigie des personnalités qui font ou ont fait la grandeur de Plaine Commune, de valeur équivalente à l’EURO, non convertible cependant.
    • Don sans contre-partie : Parce que le plaisir de donner est plus fort que celui de recevoir.

Les échanges seront publics, communautaires ou privés selon les préférences des utilisateurs.

http://plaine.co/ prendra la forme d’une plateforme collaborative et agrégative :

  • Les acteurs du territoire pourront s’inscrire sur la plateforme, y renseigner leurs données et profiter de ses services, exactement comme sur les plateformes classiques que nous connaissons.
  • Les acteurs du territoire seront invités à lier leurs données via le bus sémantique : descriptions, actualités, offres, besoins, contenus, événements, sans avoir besoin de changer de système d’information.

Exemple : L’EPCI Plaine Commune dispose de rubriques Agenda et Actualités sur son site web, Plaine Commune pourrait être intéressée par la possibilité de relayer ses événements et actualités sur Plaine.Co, en vue de les médiatiser, sans avoir besoin de dupliquer ses données.

Le rôle du bus sémantique est de créer un pont entre les 2 systèmes d’information, de manière à ce que les événements et actualités renseigné sur le site de Plaine Commune puissent être automatiquement relayés sur Plaine.Co.
Les acteurs du territoire pourront également choisir de respecter les standards du web sémantique afin d’être nativement interopérables avec http://plaine.co/.

Autre exemple : L’Assemblée Virtuelle dispose d’un système d’information respectant les standards du web sémantique. Elle pourra automatiquement partager ses données avec Plaine.Co, sans avoir besoin d’utiliser le bus sémantique.

Le volet animation

http://plaine.co/ sera un projet animé, c’est à dire faisant l’objet d’un déploiement actif dans la réalité physique, selon des modes et des discours opératoires accessibles à la diversité des habitants du territoire : sur les places publiques, en bas des immeubles, dans les centres sociaux, les MJC, les universités mais ailleurs également, via l’organisation d’événements en partenariat avec les Petits Débrouillards et les acteurs du territoire.

Si elle ne tient qu’en 5 lignes, cette dimension du projet n’en n’est pas moins fondamentale. Elle est au cœur de Plaine.Co.

La gouvernance du projet

http://plaine.co/ prendra la forme d’un commun, d’une ressource produite, partagée, gérée, et maintenue collectivement par une communauté :
Les habitants, citoyens ou non, et acteurs de la société civile, représentés par un ou plusieurs délégués élu.s, via un mécanisme pouvant combiner le plébiscite, le tirage au sort et l’élection.
Les acteurs publics et collectivités territoriales, locales et régionales, représentés  par un ou plusieurs délégués élu.s via ce même mécanisme.
Les acteurs privés, représentés par un ou plusieurs délégués également élu.s, via ce même mécanisme.
Les facilitateurs, technos et sociaux, représentés par un ou plusieurs délégués également élu.s, via encore et toujours, ce même mécanisme.

Objectifs et résultats attendus

L’objectif du projet est de créer un réseau social local en bien commun, avec et pour les acteurs du territoire de Plaine Commune, sous la forme d’un pilote.

Celui-ci se décline en plusieurs sous-objectifs :

Mettre en œuvre l’ingénierie organisationnelle et financière de Plaine.co :
Associer les forces vives du territoire : Acteurs publics, privés et citoyens. Identifier des « parrains », des « complices » et des « concierges ».
Co-construire la raison d’être et les modalités opérationnelles du projet : Contexte, enjeux, objectifs, gouvernance du commun, charte du projet, processus d’inclusion, modèle économique, modèle technologique, modèle juridique.
Mutualiser les ressources humaines, matérielles et financières nécessaires à sa mise en œuvre : Apports en nature, en industrie, en financement.

Développer le réseau social local :
– Mettre en œuvre un processus agile et itératif, permettant d’intégrer les retours des partie prenantes, dont plusieurs futurs bénéficiaires de la plateforme.
– Réaliser des ateliers de design avec les parties prenantes
– Développer, maintenir et faire évoluer la plateforme
– Configurer les connecteurs (du bus sémantique) qui permettront aux acteurs du territoire de faire communiquer leurs systèmes d’information avec Plaine.co (logique d’API)

Animer le déploiement du réseau social local
– Travailler une stratégie de communication inclusive, s’adressant à la diversité des acteurs du territoire.
– Concevoir des dispositifs d’accompagnement (tutoriel vidéo, parrains rémunérés en monnaie locale par exemple) pour les publics victimes de la fracture numérique.
– Mobiliser les influenceurs
– Organiser des événements sur le territoire : Dans les quartiers, les MJC, les centres sociaux et culturels, les médiathèques, sur les places publiques, lors d’événements ou de toute autre occasion jugée pertinente pour toucher la diversité des acteurs du territoire. Ces événements pourront prendre la forme de cartoparties pédagogiques et festives, où les participants seront invités à s’approprier l’outil, à y renseigner des données et à faire l’expérience de premiers échanges.

Évaluer et pérenniser le projet
– Recueillir du feedback en vue de faire évoluer la plateforme et le projet
– Si l’expérience est fructueuse, le pilote Plaine.Co pourra se structurer sous la forme d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) de territoire.

Les bénéficiaires

Les habitants du territoire de Plaine Commune, dans toute leur diversité, constituent notre public cible prioritaire.  

Les participants à l’action seront multiples dans la mesure où nous souhaitons construire ce projet « en commun ». Par principe, nous proposons d’être inclusifs et de mettre en place les conditions et processus qui permettront à toutes et tous de nous rejoindre.

Comme indiqué plus haut, nous nous adresserons aux habitants et acteurs de la société civile, aux acteurs publics et collectivités territoriales, ainsi qu’aux acteurs privés du territoire

Partenaires du projet

Aspects techniques

L’Assemblée Virtuelle travaillera avec ses partenaires habituels sur le développement de la plateforme, Sparna, Dataplayers, lesquels comptent parmi les meilleurs spécialistes du web sémantique, base technologique du projet, à l’échelle nationale.

Aspects socio-organisationnels
En vue de mener à bien ce projet, l’Assemblée Virtuelle s’est associée aux Petits Débrouillards, association d’éducation populaire œuvrant dans les domaines de la médiation scientifique et numérique, et disposant d’un ancrage local fort sur Plaine Commune.

Les Petits Débrouillards auront un rôle central dans le déploiement du projet :
– En contribuant au recrutement de partenaires locaux
– En coordonnant les actions des services civiques
– En concevant des animations autour des enjeux du numérique
– En rendant accessible le projet aux populations victimes de la fracture numérique et éloignées de ces enjeux.

Par ailleurs, rappelons le, notre première tâche consistera identifier de nouveaux partenaires désireux de rejoindre l’aventure.

Nous sommes enfin accompagnés dans ce projet par Chantal Nicole-Drancourt, sociologue, directrice de recherche au CNRS au sein du Laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique (Lise), sur les aspects théorique et scientifique du projet.